Les besoins des apprenants évoluent rapidement et les modes d’apprentissage se diversifient. Par conséquent, la formation évolue et s’enrichit notamment d’une couche 2.0 ! L’intérêt premier de ces changements est d’offrir des solutions pédagogiques de plus en plus adaptées aux différents contextes de travail … et aux différents individus.
Un dispositif de formation est aujourd’hui constitué de plusieurs solutions, il ne se base plus sur un seul support et un seul mode d’apprentissage. Les formations traditionnelles (animées en salle) sont de plus en plus souvent complétées par des solutions elearning ; les solutions d’évaluation sont plus fréquemment incluses ; l’intérêt pour les solutions synchrones, les solutions nomades, la formation de pair à pair et la formation informelle sont de plus en plus grands. Ces solutions se combinent dans tous les sens, en amont comme en aval : c’est selon les objectifs … mais aussi selon les disponibilités des participants et les moyens disponibles.
Il n’y pas réellement de nouveauté du coté des outils et des technologies que l’on utilise. L’innovation se situe du coté de l’utilisation que l’on en fait. Les apprenants utilisent différemment ces ressources, et par conséquence, les formateurs aussi !
Avant de faire un rapide tour d’horizon des différentes solutions à notre disposition, rappelons nous qu’elles reposent sur un principe commun : l’apprentissage est favorisé par les interactions qui accompagnent les connaissances.
Chaque solution offre des avantages particuliers. Certaines sont à préférer pour initier et présenter une démarche pédagogique, d’autres sont à privilégier pour la pratique, d’autres vont rythmer la formation dans le temps et enfin d’autres permettent des interventions ponctuelles. A chacun de faire son choix et de combiner ces solutions pour offrir un dispositif complet et s’inscrivant dans la dynamique de l’apprenance.

La formation traditionnelle
La formation en présentiel (ou formation présentielle) réunit dans une salle un formateur et les nombreux participants. C’est la solution la plus contraignante ! Il faut tout d’abord trouver une date qui convienne à chacun, acheter des billets d’avion puis louer des chambres d’hôtel. Les participants sont totalement indisponibles pendant leur formation et lorsque tous les membres d’un service sont concernés, il faut organiser deux sessions pour ne pas avoir à fermer le service !
Le support standard de ces formations est le diaporama. Une suite logique de diapositives accompagnées du discours du formateur, enfin discours ou spectacle, c’est selon le formateur
Cette théorie est mise en pratique sous forme d’exercices, de jeux, de discussions et de simulations. Les interactions entres formateurs et participants ainsi qu’entres participants eux mêmes sont très fortes. D’autre part, notamment dans le cadre d’une formation inter-entreprise, elles donnent lieu à des échanges entre participants et à des prises de contacts. Selon les rapports qui s’établissent entres les participants, elles peuvent ainsi donner lieu à une suite dans le temps voire déboucher sur des collaborations.
Un outil à découvrir : le tableau blanc interactif (TBI) ou tableau blanc numérique (TBN) qui permet au formateur de disposer d’un support electronique. Pour en savoir plus sur le sujet, visitez le site de Speechi qui se spécialise dans la conception de solution nomade.
Les coûts cachés peuvent être étonnants. L’absence des participants représente déjà un certain coût pour l’entreprise, mais il faut ajouter les frais de déplacement, de restauration et d’hébergement. Lorsque le lieu de formation est très eloigné, les participants peuvent même arriver la veille de la formation et repartir le lendemain

Les applications dites de “Learning Management System”
Ces plateformes diffusent des cours en ligne, il s’agit initialement de sites web permettant aux lecteurs de s’informer (lecture de pages web, présentation vidéo) et de mettre en pratique par le biais d’exercices et de quizz. Ces plateformes offrent une multitude d’outils favorisant les interactions asynchrones : forum, faq, blog multi-utilisateurs, partage de documents, sondages (…) voire même des interactions synchrones grâce à la mise à disposition de classes virtuelles. Dokeos est cependant la seule à ma connaissance à proposer une classe virtuelle en version open source. Pour vous faire une idée des contenus que vous pouvez y produire, inscrivez vous sur Free Campus. Une autre plateforme open source à connaître : Moodle et son Campus Moostic.
La richesse de ces plateformes repose sur les contributions des utilisateurs. Selon les thèmes de formation, la mise à jour des cours nécessite plus ou moins de temps. Le rôle des formateurs est ici étendu à un rôle d’animation. Il va falloir trouver des idées pour attirer les apprenants régulièrement sur la plateforme, suivre leur progression et les conseiller. Il faudra aussi relancer ceux qui ne se sont pas connectés depuis longtemps, évaluer se qui passe très peu de temps sur les cours. C’est en fonction de l’attitude des apprenants (fréquence de connexion, temps passé sur les cours, activités privilégiées) qu’il faudra adapter la construction des futurs cours ainsi que l’animation générale de la plateforme.

Formation à distance individuelle synchrone

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credit: Andrea Mercado
La formation à distance synchrone individuelle consiste à réunir un pédagogue et un apprenant dans un environnement électronique propice à la formation. Les premiers dispositifs utilisaient des applications web et une communication téléphonique. On utilise aujourd’hui communément des classes virtuelles et il existe même des solutions gratuites.
Individuelles, ces formations offrent une interaction très riche et permettent une très forte adaptation à l’individu et à son contexte. La mise en pratique étant assurée par un partage d’écran, les formations logicielles trouvent ici une solution toute indiquée ! L’utilisation d’applications web complémentaires et l’utilisation de vidéos ont même permis des applications surprenantes, dans le domaine de la boulangerie par exemple.
La participation orale est très forte, les formations linguistiques s’avèrent donc très efficaces.
Individuelles, ces formations réclament une attention constante de la part de l’apprenant comme du formateur ! Il faut donc privilégier des formations courtes, une à deux heures maximum. Les contenus de formation doivent donc être finement découpés et permettre de repartir la formation dans le temps. Les apprenants progresseront pas à pas, pratiqueront entres les sessions, et la formation s’adaptera parfaitement à leur rythme, quitte même à faire deux fois la même session. Un tel découpage permet aussi d’adapter un cursus pédagogique aux connaissances actuelles d’un apprenant et à ses besoins. Vous trouverez un très bel exemple sur le site de LearnPerfect : jetez un oeil sur les formations Anglais-Assistanat et accueil, à gauche de chaque module, chaque icône pdf vous donne accès aux différents plans de cours.
Une urgence ? Besoin d’une compétence particulière ou d’une “mise à jour” ? Facilement insérable dans un planning, une formation synchrone permet de bénéficier d’une “piqûre de rappel” sur simple commande.
Formation courte et individuelle : l’équilibre est fragile, mais les coûts technologiques permettent de proposer des tarifs compétitifs.

Formation collective synchrone
Il s’agit cette fois de réunir de nombreux participants dans une classe virtuelle (ou solution d’e-meeting) et d’organiser ainsi un webinar. A 5 ou 6, les interactions sont nombreuses et l’animation requière une certaine habitude. Si les participants sont plus nombreux, il devient très difficile d’animer le cours et on dérive souvent sur des présentations peu interactives, où le formateur s’adresse au groupe et non à chaque participant. Cette solution est envisagée facilement dans le cadre d’une formation théorique mais elle doit être accompagnée par d’autres solutions pour “descendre au niveau du participant”.
L’utilisation d’une messagerie instantanée est fréquente et nécessite parfois un second intervenant.Vous trouverez ici quelques conseils sur l’utilisation du chat pendant un e-meeting.

Formation et monde virtuel

Illustration :
credit: no
J’ai déjà évoqué sur ce blog l’utilisation des Serious Games et de Second Life à des fins pédagogiques. La capacité à simuler des situations spécifiques est très appréciable pour des formations pratiques. Cependant j’ai peur que le coût de conception et de maintenance de ces solutions soit élevé.
Dans le cadre de formations sur Second Life, les interactions entres participants et les autres avatars présents peuvent s’avérer très riches. Pour approfondir le sujet, je vous invite à lire la récente discussion issue du réseau Apprendre 2.0 : Qu’en est-il de la formation dans les mondes virtuels ? A noter également, l’initiative d’AvatarEnglish : une école de Langues sur Second Life qui propose des formations individuelles synchrone au sein de Second Life et avec Skype !

Le rapid’learning et le mobile-learning

Illustration :
credit: chasingfun
Le rapid’elearning a pour seul objectif de produire rapidement du contenu. Il ne s’adresse donc pas à tout les thèmes de formation. Très pratique pour se maintenir à jour, ou pratiquer des piqûres de rappel, le rapid’learning ne s’adresse que difficilement à des formations longues. Le rapid’learning est un terme marketing qui a pris son essort avec les logiciels appelés “demo builder”. Profitant de la technologie Flash, ces logiciels enregistrent les manipulations réalisées sur votre écran (ou un diaporama qui défile) et synchronisent le discours oral. Le podcasting est une déclinaison appréciable : des vidéos courtes ! Didactitiel, tutorial, podcasting : ce type de contenu est aujourd’hui produit très facilement, parfois même par des utilisateurs et non des formateurs. Il convient donc de sélectionner soigneusement ces sources d’information
Des professionnels offrent aujourd’hui des catalogues de vidéos très complet. La boutique d’Emob est un bel exemple ! Après plusieurs mois d’existence, ils ont d’ailleurs annoncé réfléchir à l’installation d’un forum … il est vrai que voir des vidéos n’est pas très interactif ! Cette solution mérite donc d’être accompagnée par une autre, afin de privilégier les interactions formateur/apprenants et apprenants/apprenants.
Deux intérêts majeurs :
- le développement de la formation de pair à pair (P2P)
- la mobilité induite par ce type d’application
La mobilité, le nomadisme, m-learning, mobile learning : le terme n’est pas encore fixé mais les offres commencent à apparaitre. Tout appareil mobile permettant de regarder une vidéo est un terrain propice à ce contenu. Le site mobile-learning-3d propose ainsi des formations pour Iphone, Ipod, Psp, téléphone mobile, etc.

L’email

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credit: smil
Nos boîtes aux lettres électroniques sont tellement encombrées que j’ai du mail à adhérer à ce support.
Une initiative illustre pourtant l’intérêt d’un tel support de communication : les cours d’anglais GymGlish. Chaque matin, un e-mail vous propose un assortiment de contenus écrit et audio. 10 minutes d’histoires, dialogues, questions, ‘mini-leçons’ et de révisions en anglais. Il s’agit d’une formation d’anglais professionnelle tous niveaux … sauf débutant précise cependant le site de Gymlish
Difficile d’industrialiser l’utilisation des emails sans utiliser des robots. Les interactions avec des robots sont cependant très limitées. Mais en complément d’une solution favorisant les interactions entres participants ou avec un formateur, ce type de solution peut s’avérer intéressante pour établir un rythme dans la formation.

L’autoformation

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credit: darkmatter
L’autoformation est la plus veille solution de formation à distance ! Elle repose sur l’attitude de l’apprenant appelé alors autodidacte. Cette solution n’est pas forcément dénuée d’interaction : mais c’est alors à l’autodidacte de les provoquer. De nombreuses ressources sont devenues disponibles, notamment sur internet et grâce au développement des bibliothèques-médiathèques. N’oublions cependant pas les livres, les documentaires et les vidéos spécialisées. Envisager une autoformation nécessite une réelle discipline, aussi certains trouveront cette solution très difficile !
Dans le monde de l’entreprise des initiatives ont données lieu à la production d’application web, mélant parfois jeux et diapositives. Parfait pour constituer un centre de ressource, ces applications ne sont efficaces que si elles sont accompagnées d’un encadrement pédagogique, exactement comme je l’ai indiqué pour les applications dites de “Learning Management System”.
La dernière initiative que j’ai relevé s’appelle Mango Languages. La plateforme offre des cours progressifs sur différentes langues et mèle habilement l’écrit et l’audio. Voilà de quoi préparer vos prochains voyages à l’étranger

La formation informelle
Très proche de l’autoformation, la formation informelle désigne tout transfert de compétence non provoqué par un formateur. Autrement dit, il s’agit des formations spontanées et issues d’interactions fortuites. C’est en effet un procédé bien naturel et avec lequel chaque humain est amené à se construire depuis sa plus petite enfance. Ce dispositif convient donc à tout individu ! Nombreux l’ont bien compris et le mettent en avant sur leur CV : autodidacte, s’adapte rapidement à un nouvel environnement, etc.
Dans le milieu professionnel, la formation informelle est concentrée autour des machines à café, des collaborations spontanées et parfois très discrètes. C’est en échangeant avec autrui que l’on apprend. Cela a toujours été mais c’est depuis que très peu de temps que la formation informelle est reconnue et que certains professionnels de la formation cherchent à l’intégrer à leur dispositif.
La formation informelle prend aussi forme dans la formation P2P. D’ailleurs, connaissez-vous commentcamarche.net ? Initialement une encyclopédie informatique destinée à apporter de l’aide aux utilisateurs novices. Initialement. Aujourd’hui il s’agit d’une véritable communauté ! L’encyclopédie est toujours là , mais les interactions (votes, sondages, forums et contributions diverses) “enveloppent la connaissance” et favorise l’apprentissage. Le tout est bien sur en accès libre et gratuit
Quelques initiatives sont à remarquer. Des communautés dédiées aux échanges de pair à pair à des fins pédagogiques. Des tutoriels créés par des utilisateurs pour des utilisateurs. Utilisateurs. Et oui, si l’on considère la formation informelle, nous nous adressons à des utilisateurs, et particulièrement à leur capacité à apprendre et à évoluer. Les plateformes vidéos hébergent évidemment des vidéos intéressantes, mais elles sont souvent perdues dans la masse. Voici les quelques services que je vous invite à découvrir :
- ExpertVillage diffuse des vidéos réalisées par des particuliers pour des particuliers. Principalement en anglais, cette communauté permet de se former sur des sujets très variés et de partager ces propres connaissances.
- Instructables.com vous permet de créer vos propres didactitiels sur tous les thèmes et de les partager avec le public. Vous y trouverez des explications sur tout (et aussi sur n’importe quoi) : comment créer un four solaire, comment faire pousser des plantes sans terre, comment fabriquer une antenne wifi …
- Tutmarks.com vous permet de proposer des tutoriels sur le thème de l’informatique et trouvés sur le web, de les commenter et d’en évaluer l’intérêt par un système de vote. Très utile lorsque vous recherchez un tutoriel sur un thème précis.
- HowDoYa un tout nouveau moteur de recherche (en anglais uniquement) permettant de répondre avec pertinence aux questions : How do you do tomato ketchup?, How do you barbecue? etc. Pour tester ce service, tapez “How Do” dans la barre de recherche et observez les propositions qui vous sont faites.
Les réseaux sociaux peuvent ici trouver une application professionnelle efficace. Ils permettent de maintenir en relation des utilisateurs et de fonder une communauté. Le terreau idéal pour influer une formation informelle, non ? Je reviendrai sur ce sujet dans un prochain post…
Et pour aller plus loin :
Le réseau Apprendre 2.0 compte de nombreux professionnels de la formation qui s’interrogent sur l’évolution des pratiques, notamment celles engendrées par les outils 2.0. En complément à ce post, je vous invite à lire 4 posts écrits par des membres de ce réseau :
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